Commme chaque année ou presque, immuablement, en même temps que les beaux jours reviennent l'activité culturelle à Metz reprend ses droits, telle l'hirondelle dans son nid. Bon, ami lecteur, si tu es du coin, tu sauras que "les beaux jours" est fort exagéré. On pourrait tout au plus dire qu'on se rapproche du printemps bien plus dans le nombre de jours qui nous en sépare qu'au niveau météorologique.
Tiens d'ailleurs on me signale dans mon oreillette qu'en fait ce serait déjà le printemps depuis une petite dizaine de jours. J'aurais pas parié en regardant dehors avant de partir aux Trinitaires vendredi soir, pour aller voir Sébastien Tellier (t'as vu la transition, ami lecteur ? Des années de blogging derrière moi...) : il tombait des cordes, et il faisait bien frais. Ceci dit, comme ce jeune homme fait à la fois la couv' de technikart
et représente la France à l'Eurovision (et qu'accessoirement j'avais une invit'), il aurait été dommage de se priver, tout de même. Arrivé aux Trinitaires, la pluie avait cessé, giboulées de mars oblige. Dans la chapelle, du monde, mais une salle pas vraiment pleine. Faut dire que 22€, il faut être motivé tout de même. Le temps de prendre une bière, de dire bonjour aux amis près du bar (forcément), et Tellier arrive sur scène, en compagnie de deux musiciens. Pas de première partie donc, malgré le "+ guest" indiqué sur les billets. Au vu des premiers morceaux, on se dit qu'ils ont peut être eu du mal à trouver un local dans le style : des chansons boitarythmées pleines d'influences italo disco, des arrangements au synthé entre le très beau et le kitsch (surtout quand l'un des deux musiciens est clairement à coté), des vannes entre les morceaux parfois hilarantes parfois lourdingues. Un truc à part quoi. On sent bien qu'on a affaire à un personnage, que certains morceaux valent clairement le détour, mais le son un peu approximatif et cette ambiance décontractée de gros bar que Tellier lui même installe fait qu'on discute, qu'on écoute vaguement. Et puis un morceaux, puis deux attirent un peu plus l'attention, notamment quand Tellier reprend la guitare, et balance des accords venus d'ailleurs. Et puis Tellier se met au piano pour un enchainement bluffant entre La Ritournelle et L'amour et la Violence, et là j'étais complètement embarqué. Le rappel passe tout seul. C'est déjà fini ? Oui, et pourtant nous sommes là depuis une heure et demie. Faille spatio temporelle, ce n'était pas le concert du siècle, mais ce garçon a vraiment un truc. Du talent, ptetre bien.
En arrivant à l'Arsenal, on ne pouvait que se féliciter de leur idée de finir leurs soirées en musique, avec un groupe et / ou des DJs. Un bar à peu près rempli, et un groupe (Animajazzic) qui balançait une ambiance jazzy qui allait bien avec notre envie de discuter tranquillement, retrouver les gens qui sortaient du Peplum qui se déroulait dans la grande salle. Seul regret : les vidéos qui occupaient le fond de scène, entre animations sombres et extraits de vieux polars remontés auraient mérités un meilleur sort que cette salle trop éclairée. A revoir dans des conditions un peu plus favorables donc. Mais là, ambiance décontractée et café-klatsch de la soirée, on ne boudait pas notre plaisir (malgré la bière à 3€).
Après cet intermède, reprise de la soirée parisienne : au tunnel, c'était la foule des grands soirs, pour The Shoppings. Mais j'ai eu un peu de mal à me mettre dans cette soirée. Trop de monde, trop chaud, trop d'attente pour une bière, trop d'enchainements pourris entre les CDs : quand The Shoppings ont commencé, j'avais envie de rentrer. Et même si les quelques premiers morceaux que j'ai regardé auraient pu me convaincre de rester, puisqu'ils étaient plutôt bien plus aimables sur scène que sur le myspace du groupe, le tout m'a un peu saoulé. Je n'aurai donc pas vu Tellier débarquer au tunnel, ni se faire prendre en photo avec des potes, mais simplement passé une bonne soirée.
Ce n'est déjà pas si mal, non ?
*bon alors là, ça n'a un potentiel comique que si tu connais ça, ami lecteur. Mais même en connaissant, ce n'est pas forcément gagné hein.